17.08.2026 · Actualités
La salle de classe connectée en Suisse
Écran interactif, intelligibilité, standardisation, cycle de vie : les arbitrages qui structurent l'équipement des salles de classe en Suisse.
À retenir
- Depuis 2021, l’Éducation numérique est un domaine disciplinaire à part entière du Plan d’études romand, ce qui fait passer l’équipement des salles du statut de projet pilote à celui de programme d’établissement.
- Le premier arbitrage porte sur l’affichage : écran interactif ou vidéoprojection interactive, selon la profondeur de la salle et l’usage réel.
- La diagonale se calcule à partir de la distance du dernier rang et de la densité du contenu affiché, pas de la surface de la pièce.
- L’intelligibilité de la parole se mesure. La norme IEC 60268-16 la quantifie par un indice qui dépend à la fois de la réverbération et du rapport signal sur bruit : monter le volume ne compense pas une salle réverbérante.
- Un enseignant change de salle plusieurs fois par jour. La standardisation des interfaces d’une salle à l’autre pèse plus sur l’usage réel que la richesse fonctionnelle de chaque équipement.
- Un parc scolaire se dimensionne sur dix ans : cycle de vie logiciel, supervision et maintenance se décident au moment de l’achat.
La salle de classe connectée n’est plus un sujet d’expérimentation. Les établissements équipent désormais des dizaines de salles à la fois, avec les contraintes que cela suppose : cohérence entre les espaces, budget d’exploitation, formation des équipes et durée de vie du matériel. Les décisions techniques prises au moment de l’appel d’offres se paient ou se rentabilisent pendant une décennie. Voici les arbitrages qui structurent ces projets.
Un cadre pédagogique qui a changé d’échelle
Le contexte suisse a évolué rapidement. La CIIP a adopté un plan d’action en faveur de l’éducation numérique, puis le Plan d’études romand a intégré en 2021 un volet Éducation numérique, structuré autour de trois axes : l’usage des outils numériques, l’initiation à la science informatique et l’éducation aux médias.
La conséquence matérielle est simple. Une compétence prescrite dans le plan d’études ne peut plus reposer sur quelques salles équipées : elle suppose un parc homogène, disponible et maintenu, dans l’ensemble des espaces d’enseignement. Les cantons ont engagé des programmes de déploiement pluriannuels en conséquence, et les établissements du secondaire II comme du tertiaire ont suivi le même mouvement.

Le premier arbitrage : quel affichage pour quelle salle
Deux architectures cohabitent, et le choix ne se fait pas au niveau de l’établissement mais salle par salle.
- L’écran interactif réunit dalle, couche tactile et logiciel dans un appareil unique. Rien à calibrer, allumage immédiat, gestion centralisée du parc. Il convient aux salles de classe standard et aux espaces de travail en groupe.
- La vidéoprojection interactive à ultra courte focale affranchit de la taille d’une dalle. Elle reste la réponse aux salles profondes, aux amphithéâtres et aux configurations où une grande image prime.
- Les murs LED prennent le relais dans les grands volumes et les espaces très éclairés, où l’image doit rester lisible en pleine lumière.
Deux points méritent d’être tranchés au plus tôt dans le projet. D’abord la diagonale : elle se calcule à partir de la distance du dernier rang et de la nature du contenu projeté, un exercice que nous détaillons dans notre article sur la taille d’écran adaptée à une salle de réunion. Un texte de manuel ou un tableau de données n’exige pas la même image qu’une diapositive de titres.
Ensuite le vocabulaire du cahier des charges. Tableau interactif, écran interactif et écran tactile désignent des architectures différentes, avec des coûts d’installation et des plans de maintenance distincts : nous avons consacré un article aux différences entre tableau interactif et écran tactile. Nos configurations de tableaux interactifs, murs LED et vidéoprojection partent systématiquement de la géométrie de la salle.
L’intelligibilité, le critère à ne pas négliger
Une salle de classe est un lieu où l’on parle toute la journée. C’est pourtant l’affichage qui capte l’attention des cahiers des charges, alors que la compréhension de la parole conditionne directement l’attention des élèves et la fatigue vocale des enseignants.
L’indice de transmission de la parole exprime la proportion d’information vocale préservée entre celui qui parle et celui qui écoute. Elle définit également la méthode de mesure simplifiée utilisée sur le terrain.
L’enseignement principal est contre-intuitif. L’indice dépend de deux facteurs simultanés : la réverbération de la salle et le rapport entre le niveau de la voix et celui du bruit de fond. Autrement dit, augmenter le volume d’un système de diffusion ne rattrape pas une salle réverbérante : le signal utile et les réflexions parasites montent ensemble.
Deux leviers se combinent en pratique :
- Le traitement acoustique de la salle, qui réduit la réverbération et bénéficie à tous les usages, y compris sans équipement.
- La diffusion sonore répartie, avec plusieurs enceintes de faible puissance plutôt qu’une source unique, associée à un microphone porté par l’enseignant. L’effet mesuré porte autant sur la compréhension au fond de la salle que sur la préservation de la voix, sollicitée cinq jours sur sept.
Nos systèmes de sonorisation pour l’éducation se dimensionnent sur relevé, en fonction du volume, de l’acoustique et des usages.

La standardisation vaut plus que la richesse fonctionnelle
Un enseignant du secondaire occupe couramment quatre à six salles différentes dans la même semaine, avec quelques minutes entre deux cours pour lancer son support. C’est cette réalité qui décide de l’adoption d’un équipement, bien plus que ses fonctions avancées.
- Même interface partout. Ramener les salles à deux ou trois typologies équipées à l’identique supprime le temps d’adaptation et l’essentiel des appels au support.
- Un geste pour démarrer. Allumage, sélection de la source, son et occultation pilotés depuis une interface unique, avec des scénarios préréglés.
- Connexion prévisible. Un mode de raccordement unique pour les portables et les tablettes, décidé en amont plutôt que subi salle par salle.
- Formation courte. Trois typologies se forment en une session, vingt configurations différentes ne se forment pas.
Un parc scolaire se pense sur dix ans
Un établissement n’achète pas un écran, il achète une flotte qu’il devra exploiter longtemps. Trois points se décident au moment de la conception, pas après.
- Le cycle de vie logiciel. Les écrans interactifs embarquent un système d’exploitation dont la version conditionne la durée pendant laquelle l’appareil restera supporté et administrable.
- La supervision à distance. Sur un parc de plusieurs dizaines de salles réparties sur plusieurs bâtiments, remonter l’état des équipements et intervenir sans se déplacer change l’économie du support.
- La maintenance. Un équipement scolaire subit un usage intensif et des manipulations multiples. Nos contrats de maintenance préventive et corrective sont calés sur le rythme scolaire, avec des interventions planifiées pendant les périodes creuses.
Équiper vos salles
Ces projets se traitent espace par espace, avec le relevé des salles, la définition des typologies, le dimensionnement de l’affichage et de la diffusion sonore, la coordination avec les corps de métier, puis la mise en service, la formation des équipes et le suivi du parc. Nos réalisations dans l’enseignement couvrent par exemple le renouvellement de plus de cinquante espaces pédagogiques à l’Université de Genève, le Learning Lab et l’AULA de l’UNIL ou les salles de l’EHL à Lausanne.
Un programme d’équipement à lancer, des salles à moderniser, un parc à harmoniser sur plusieurs bâtiments : contactez-nous pour en parler. Nous étudions vos espaces, proposons une configuration par typologie de salle et vous accueillons dans notre showroom de Plan-les-Ouates sur rendez-vous. Découvrez également nos solutions audiovisuelles pour l’éducation et nos équipements de salle de classe.
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